Une journée à la recherche de la vipère d’Orsini

Alpes-de-Haute-Provence. Inscrite sur la liste des espèces protégées, la vipère d’Orsini fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des agents du conservatoire d’espaces naturels.

Dans la forêt domaniale de l’Orgéas, dans les Alpes-de-Haute-Provence, Oscar Hadj-Bachir et Marc-Antoine Marchand scrutent le sol à la recherche de la vipère d’Orsini depuis le lever du soleil. Tous les deux sont salariés du conservatoire d’espaces naturels Paca (CEN). « On fait de la prospection le matin et le soir quand le soleil se couche. Les vipères d’Orsini ont besoin de se chauffer pour réguler leur température mais craignent le soleil. Elles emmagasinent de l’énergie quand il ne fait pas encore trop chaud et restent à l’ombre ensuite », explique Oscar, pour qui c’est la première prospection.

« La pelouse sèche, c’est parfait pour elle »

La vipère d’Orsini a la particularité d’être la plus petite d’Europe, mesurant, adulte, entre 30 et 50 cm. En France, on la rencontre principalement dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes et, parfois, dans le Vaucluse et le Var. Son venin n’est pas dangereux pour l’homme, même si des réactions allergiques peuvent apparaître.

Le lieu de la prospection n’a pas été choisi au hasard. « Ici c’est de la pelouse sèche, c’est parfait pour elles. Il y a beaucoup de souches, de cailloux pour se terrer », analyse Oscar. L’endroit a été aménagé par l’Office national des forêts. Une nécessité pour préserver cet animal. « Les menaces pour elles sont surtout liées au changement économique du secteur de la montagne avec l’augmentation du tourisme tout au long de l’année, qui les dérange », rappelle Marc-Antoine, qui travaille sur la vipère d’Orsini depuis 10 ans. Cette matinée a été bonne. Trois spécimens ont été attrapés. Ils ont été placés dans des poches en tissu puis dans le sac à dos d’Oscar pour être à l’abri du soleil. Chaque capture est accompagnée du même rituel. « On note les coordonnées GPS du lieu et le contexte météorologique. On prend aussi des photos de l’endroit pour bien se rappeler où la vipère a été attrapée pour la relâcher au même endroit », énumère Oscar. Le soleil arrive à son zénith, il est temps de rentrer à la cabane où se trouve le camp de base. Les deux agents du CEN examinent, pèsent et mesurent les vipères une par une. Ensuite, une petite marque est faite sur le ventre avec la coupe d’une petite partie d’une écaille ventrale. « Nous comptons les écailles en hauteur à partir de la séparation entre le ventre et la queue. Chaque écaille coupée est associée à un nombre qui sert de numéro d’identification pour les vipères. » Deux classeurs remplis de fiches d’identification montrent la quantité de travail effectué par le CEN depuis plus de 10 ans. Un travail essentiel pour mieux connaître la vipère d’Orsini et mieux la protéger.