La tortue de Floride, menace exotique sous contrôle
La tortue de Floride a été vue pour la première fois dans le lac du Bourget à la fin des années 90. Sa présence est le fruit d’un élevage important aux Etats-Unis et d’une exportation qui ne le fut pas moins. N’en voulant plus, plusieurs propriétaires les ont relâchées, notamment dans le lac où elles ont rapidement proliféré. Or elles impactent fortement l’écosystème, et particulièrement la tortue autochtone du bassin du Rhône, la cistude, une espèce protégée qui bénéficie d’un programme de réintroduction depuis les années 2000 après avoir totalement disparu du lac. Un peu dans l’esprit “pousse-toi de là que je m’y remette”
Une espèce concurrente
Le souci est que l’Américaine est plus grande (25 cm contre 20), plus grosse et néanmoins plus leste, plus rapide. Si elle n’est pas une prédatrice pour la cistude, qui est plutôt la proie des brochets ou des silures, c’est une concurrente. Elles sont en compétition pour la nourriture ou pour prendre des bains de soleil sur du bois, “activité” vitale pour elles puisque ce sont des animaux à sang froid. On devine qui gagne. Sinon, elles vivent très bien côte à côte. Afin de limiter la prolifération des tortues de Floride, le Conservatoire d’espace naturel (CEN) de Savoie les prélève depuis une vingtaine d’années et les transfère au parc de la Tête d’Or, à Lyon, où un espace leur est réservé. Depuis le début des prélèvements, commencés juste après la réintroduction de la cistude, environ 200 spécimens -dont sept au cours de l’opération de juin dernier- ont été récupérés. Ces récupérations se déroulent en deux fois, une semaine sur l’année, notamment en juin-juillet où il est plus facile de les repérer puisqu’elles sortent de l’eau pour pondre 10 à 12 œufs. « Après toutes ces années, nous savons très bien que nous ne les attraperons pas toutes. Simplement, nous maintenons une pression à la fois sur les personnes qui seraient tentées d’en relâcher de nouvelles et sur le nombre total pour que l’acceptation qui semble s‘être installée et un certain équilibre puissent se maintenir », explique Frédéric Biamino, du CEN de Savoie.

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