Comment la LPO préserve la nidification des busards cendrés
Le busard cendré est un rapace migrateur qui arrive dans nos contrées à partir de la mi-avril et qui repart vers l’Afrique entre la fin août et le début du mois de septembre », explique Bertrand Tranchand, coordinateur du suivi des busards dans la Loire auprès de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Et ce dernier d’ajouter : « Cet oiseau possède un comportement particulier car il niche au sol, ce qui n’est pas sans conséquence sur les récoltes et les milieux agricoles ».
En effet, si autrefois le busard cendré nichait principalement dans les prairies humides de plaines ou dans des secteurs de landes en montagne, son comportement a évolué. Désormais l’animal niche en milieu agricole ouvert. « À l’heure de l’intensification des modes de culture agricole, le busard cendré a vu disparaître son habitat de prédilection.
Au milieu des champs, le nid, à peine plus grand qu’une assiette à dessert, ne peut pas être vu par les agriculteurs », relève Bertrand Tranchand. Une évolution qui a contraint à son classement en espèce protégée. Car sans intervention humaine, l’espèce était, à plus ou moins court terme, vouée à disparaître.
Des actions de sauvegarde depuis 2014
Ainsi, la LPO a pu mettre en place des actions de sauvegarde depuis 2014 et compter un peu sur la chance… Comme le détaille Bertrand Tranchand, « un couple a niché dans une friche agricole autrefois réservée à des vergers, sur le territoire du Jarez, qui n’était plus exploitée. Sur ce site, ils ne dérangeaient personne et cela a même permis à trois ou quatre couples de les imiter ».
Pour mettre toutes leurs chances de leur côté, les équipes de la LPO ont également développé la signature de conventions avec des propriétaires privés mais aussi avec des collectivités locales. Pour ce faire, l’association a notamment profité d’un plan national d’action avec des financements de l’Europe, de l’État et même de la Région. Une dotation inespérée qui a permis l’embauche de stagiaires chargés de comptabiliser le nombre de busards cendrés.
Au total, ce sont 55 animaux qui ont pu s’envoler depuis le territoire pour rejoindre le continent africain. « L’observation de ces oiseaux nécessite beaucoup de temps et d’énergie : il faut repérer les couples, localiser les parcelles et l’emplacement du nid, retrouver leurs propriétaires », souligne le chargé de mission.
Des friches aménagées avec des filets électrifiés
Une dizaine de nids ont ainsi pu être protégés alors qu’ils étaient menacés. Des friches ont notamment été aménagées avec des filets électrifiés pour protéger les busards cendrés des prédateurs naturels ou des chiens.
Comme ce site situé dans les contreforts du Pilat, qui a pu être mis en place avec le soutien du Parc naturel régional du Pilat. Un outil supplémentaire pour cartographier ce secteur favorable au développement du busard cendré, qui peut aussi se transformer en centre de soins pour la récupération des œufs.
« C’est un véritable atout que nous développons depuis 2020. Il permet aux busards cendrés de s’approprier à nouveau le territoire. Démontés et remontés chaque année, ces sites ont visiblement un pouvoir d’attraction puisque des œufs ont été retrouvés à moins d’un kilomètre. On peut espérer que ça fonctionne », glisse dans un sourire Bertrand Tranchand.












